NINA ATTAL

samedi 29 novembre 2014
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20H30

Avec l’expérience de ses 300 concerts et l’irrévérence de ses 22 ans, Nina Attal envoie bouler les chapelles. Prodige précoce du blues, considérée à 16 ans comme l’une des voix les plus prometteuses des douleurs pentatoniques, la voilà désormais en furie fort en gueule du funk. Sur son deuxième album « Wha », produit à New York par Philippe Devin et Jerry Barnes, bassiste de Chic et accompagnateur à tout faire de la scène black US, elle lance un jam surpuissant entre B.B. King et Stevie Wonder, Albert Collins et Chaka Khan dans un déluge de Rhodes, de guitares et de cuivres étincelants.

 

La première fois qu’on entend Nina Attal, on s’imagine une grande diva plantureuse, née à Memphis ou sur les bords du Delta. Mais la valeur du coffre n’attend ni nombre des années, ni les kilos surnuméraires. Cette voix déchaînée et puissante, quelque part entre Aretha Franklin et Chaka Khan sort bien de la bouche d’une toute petite parigote de 22 ans, sanguine et grande gueule, qui a le rythme (‘n’ blues !) dans la peau. Cliché ? Chez Nina Attal, ce n’est pas du flan, c’est même écrit sur son bras droit : un « Groove » majuscule, son premier tatouage. Sur scène, elle ne se prive pas, d’ailleurs, de le montrer à ses musiciens s’ils font mine de s’endormir sur une ligne de basse. Elle a beau avoir 22 ans, on ne le la lui fait pas ! Normal, pour une chanteuse qui n’a jamais perdu son temps. A 7 ans, elle apprenait déjà à chanter. A 12 ans, après avoir essayé et abandonné le piano, elle commence à toucher sa guitare. Et à 14 ans, la claque, elle pousse la porte des caveaux de jams du Quartier Latin  et se fait remarquer très vite comme petite muse du blues. Tout s’enchaîne : la journée à l’école, le soir sur scène, elle se forge une voix, son propre style, des connexions avec des musiciens amis, et rencontre notamment Philippe Devin avec qui elle écrira tous ses albums – elle allait devenir chanteuse pour de bon et avec la bénédiction parentale, pourvu « qu’elle ne fasse pas sa petite branleuse ». A fond, à fond, à fond : à 17 ans elle remporte cinq prix au Tremplin Blues sur Seine, à 18 elle sort son premier EP, « Urgency » et monte sur la grande scène du festival de Jazz de Montréal et à 19, elle décontenance Nagui pour son premier Taratata après avoir sorti son premier album en autoprod, « Yellow 6/17 » … Succès fulgurant, et sans avoir à passer par les télécrochets de rigueur, puisqu’à 16 ans, c’était déjà son métier, de chanter !  Entre temps, elle aura fait évoluer son style du blues vers le funk et la soul. Nina, queen du rhythm’n’blues ? Pour mieux coller à ses idoles, Stevie Wonder, Michael Jackson ou Lenny Kravitz ; pour mieux faire la furie en live, dans un corset à plume ; pour le plaisir simple de faire danser son public en jouant très fort, tout cuivres dehors. Là aussi, la formule épate, et elle se met à tourner avec son groupe un peu partout en France et en Europe, en première partie de Jamie Cullum, de Robben Ford, d’Avishai Cohen, de Charlie Winston et même de Zaz, pour une tournée en Allemagne. C’est justement lors d’un passage au festival de Sète, à l’été 2013, qu’elle va faire une rencontre décisive pour monter encore d’un cran : alors qu’elle joue en première partie de Nile Rodgers, en plein boom post Get Lucky, elle tape dans l’œil de Jerry Barnes, bassiste de Chic et accompagnateur à tout faire de toute la scène black américaine (de Diana Ross à Stevie Wonder). Pas intimidée pour un sou, Nina lui file backstage les maquettes de son deuxième album. Elle n’en attendait rien, mais, bonne surprise, Jerry Barnes la rappelle quelques semaines plus tard… et l’invite à New York, avec son alter ego,

co-compositeur et directeur artistique Philippe Devin, pour l’aider à écrire des tubes ! En sortiront deux morceaux survitaminés, « Ain’t gone » et « Baby », qui convainquent Barnes d’aller encore plus loin : coproduire l’album en faisant appel à tous ses potes du milieu. Des noms qui claquent, le batteur d’Eric Clapton, Steve Jordan, le percussionniste de Michael Jackson, Bashiri Johnson, et Jerry Barnes lui-même à la basse. De quoi faire tomber Nina à la renverse, d’autant que son protecteur l’invite à nouveau à New York pour enregistrer l’album, dans le mythique Avatar Studio, fréquenté par Paul McCartney, Stevie Wonder ou Chaka Khan !  Elle y accouchera de son premier véritable album, « Wha », nommé après le café du même nom à Greenwich Village où Springsteen, Kool and the Gang ou Jimi Hendrix ont affûté leurs débuts, en hommage à ce « parcours initiatique » qui l’aura amenée à New York au plus près de sa musique.  Douze titres au groove patiné par le temps, où les orgues Rhodes résonnent en arrière-plan,  les lignes de basses claquent dans un élan implacable, les guitares (dont celle de Nina!) avalent goulûment les riffs et les cuivres s’emballent sans retenue.  Il fallait au moins ça pour permettre à Nina de donner toute l’ampleur de sa voix, sans les tics pénibles des divas improvisées, qu’il s’agisse de se faire loveuse ironique (sur « Ain’t gone » ou « Bring me back my love », sur une « rupture amicale », dialoguiste du funk (« Stop the Race », qui promet de beaux aller-retour avec son public, joué sur scène) ou philosophe impétueuse (« Good Guy », inspiré par Keith Haring, sur l’apport des grands artistes, ou « Put Them in Hell », hommage à Clément Méric…). Autant de titres que l’on a envie de voir prendre toute leur dimension sur scène, avec le groove au bout du bras.

 
* Les prix indiqués n'incluent pas l'adhésion de 2 € à régler une fois par an.

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